Le projet Douance & Science a maintenant son propre podcast! Vous pouvez le trouver dès maintenant sur Spotify et bientôt sur les autres plateformes. Voici la transcription du tout premier épisode:

Bienvenue au podcast douance & science. Je m’appelle Catherine Cimon-Paquet et j’ai créé le projet douance & science afin de partager des études scientifiques et des réflexions reliées à ce sujet.

Dans ce tout premier épisode, je me présente et je vous partage les raisons qui me motivent à créer le projet et podcast douance & science. Je m’appelle Catherine et je suis présentement dans ma troisième année de doctorat en psychologie à l’Université du Québec à Montréal. Auparavant, j’ai fait un dec en sciences de la santé et un bacc et une maîtrise en psychologie à l’Université de Montréal. Je me suis spécialisée en psychologie du développement humain, qui consiste à étudier comment les humains évoluent à travers les différentes périodes de leur vie. Plus particulièrement, je m’intéresse aux relations interpersonnelles et toutes mes études à date se sont concentrées sur la relation parent-enfant.

J’ai créé Douance & Science en mars 2021, donc il y a maintenant 1 an. Je m’intéressais à la douance depuis déjà plusieurs mois, mais je savais qu’il s’agissait d’un sujet controversé dans la société québécoise. J’ai vraiment senti le besoin de partager sur la douance lorsque je me suis plongée dans la littérature scientifique. En fait j’ai donné un cours de 2h-2h30 dans un séminaire en février 2021. Pour me préparer, j’ai évidemment lu des dizaines et des dizaines d’études et j’ai réalisé que j’en avais jamais entendu parler durant mes études et que pourtant, il y a vraiment beaucoup d’études faites depuis plusieurs années. Je trouvais ça dommage u’on ne parle pas du tout de douance alors que les enfants qui ont des manifestations de douance ont des besoins particuliers à l’école et quand ces besoins ne sont pas répondus, ça peut causer vraiment des difficultés d’adaptation puis des difficultés qui peuvent perdurer à l’âge adulte comme de se sentir différent des autres ou d’avoir des difficultés à connecter avec les autres.

Dans mon approche avec DS, vous allez voir que j’accorde une assez grande importance aux définitions de la douance. En contexte scolaire, je m’intéresse au décalage avec les pairs, un rythme d’apprentissage plus rapide, une curiosité marquée, un engagement plus élevé que la moyenne. J’adhère particulièrement au modèle des 3 anneaux de Renzulli pour le milieu scolaire. Selon le modèle des trois anneaux de Renzulli, il existe deux types de douance. Tout d’abord, il y a la douance intellectuelle, aussi appelée douance académique qui est plus typique (haut rendement scolaire, performance à l’école). Ensuite, il existerait une douance créative-productive qui elle, serait caractérisée par de hautes aptitudes naturelles dans un domaine précis (5% de la population), un haut niveau d’engagement envers la tâche et finalement, une grande créativité. La douance créative-productive ne serait pas adéquatemment mesurée par les tests conventionnels de quotient intellectuel (QI). Selon Renzulli, l’objectif n’est pas d’identifier des personnes douées. L’objectif de ses recherche est, entres autres, de fournir un environnement adapté aux jeunes qui montrent des manifestations de la douance (une grande créativité, un grand engagement, une facilité à apprendre, etc.).Si par exemple un enfant présente plusieurs manifestations, on va lui donner des accommodements (p. ex., projets d’enrichissement).

Il existe aussi le modèle de François Gagné, qui était professeur à l’UQAM jusqu’au début des années 2000. Le MDDT de Gagné est un modèle fort intéressant, mais assez complexe. Je vous en reparlerai certainement dans un prochain article, mais Gagné propose de différencier la douance du talent. Ainsi, la douance serait définie par les habiletés naturelles (10% de la population), tandis que le talent serait mesuré par les compétences d’une personne à un moment donné. Le développement du talent dépend de nombreux facteurs, autant personnels (p. ex. la motivation) qu’environnementaux (p. ex., opportunités d’apprendre, l’école, la famille). Pour développer leurs talents, les enfants ont besoin d’environnement optimaux. Ce modèle soulève un enjeu important. Identifier une personne comme étant douée sur la base de ses compétences (ou talents) dans un domaine précis, comme une haute performance à l’école/au travail ou dans un sport, comprend des risques. Il est difficile de décerner si la personne performe en raison d’habiletés naturelles ou d’un environnement stimulant et propice à la performance. Cet enjeu est primordial actuellement, alors que de nombreux chercheurs et chercheuses s’intéressent à la sous-représentation des enfants provenant de milieux défavorisés ou de communautés marginalisées dans les classes spécialisées en douance, notamment aux États-Unis. Donc si on pense au contexte québécois, c’est vraiment intéressant de réfléchir à comment on va définir la douance comme société. Le problème avec l’évaluation du QI est que cette évaluation doit être effectuée par un.e professionnel.le qualifié (au Québec par un neuropsychologue). Cette évaluation peut facilement coûter plus de 2000$. Si on décide au Québec qu’une évaluation formelle est nécessaire pour avoir des accommodements, alors on risque que les enfants qui pourront y avoir accès soient de milieux favorisés seulement. C’est une question qui me tient vraiment à coeur parce que je trouve ça vraiment problématiques ce que l’on voit dans les études scientifiques en termes de sous-représentation des communautés marginalisés dans les programmes enrichis ou spécialisés en douance. Pour résumer, je trouve que c’est vraiment important d’avoir dans les études scientifiques des populations homogènes, donc des personnes qui se ressemblent par exemple en sélectionnant des personnes qui ont un haut QI, mais quand vient le temps de transformer ces études-là en recommandations ou en politiques publiques je pense qu’il faut vraiment prendre en compte le contexte de la société. Donc vous allez voir que dans le podcast et dans mes autres activités de vulgarisation je vais vous partager des études mais aussi des réflexions qui me viennent en tête.

L’objectif est de vous partager des études scientifiques de façon vulgarisée donc de façon assez compréhensible, mais pas trop. Vous allez découvrir que je suis fan des nuances et de méthodologie et statistiques. Je vais tout simplifier sur le podcast, mais en gardant assez de détails pour que vous vous fassiez une idée et que vous puissiez développer votre propre jugement critique. Je vais aborder parfois des études sur des sujets connexes, mais qui sont susceptibles de vous intéresser. Par exemple, je m’intéresse beaucoup à la haute sensibilité au tempérament plus largement, au développement humain en général et à la psychologie positive, l’étude du bien-être, du sens et tout. J’ai vraiment hâte de discuter de tout ça avec vous et j’ai très hâte d’avoir vos retours. C’est vraiment correct si des fois on est pas d’accord sur certaines choses. En fait ça nous fait vraiment progresser d’avoir des idées qui ne sont pas nécessairement les mêmes que nous, puis dans la dernière année, il y a plein de sujets dont j’ai discuté sur Instagram avec d’autres personnes puis c’est sûr que ma réflexion évolue. Je pense que c’est ça qui va être intéressant aussi avec le temps, de voir comment certaines idées vont peut-être changer, comment ensemble on va pouvoir réfléchir puis je l’espère sensibiliser plus de personnes à la douance puis au développement humain.

Merci beaucoup d’être là, si vous voulez ne rien manquer, vous pouvez vous inscrire à l’infolettre, au douancescience.substack.com que je vais mettre dans la description de l’épisode ou sur Instagram @douance.science . J’ai aussi une page Facebook qui est associée @douance.science et je mettrai mon courriel dans la barre de description [catherinecpaquet at protonmail.com], donc c’est tout pour aujourd’hui et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode.

Affiliations

Catherine Cimon-Paquet est étudiante au doctorat à l’UQAM. Elle est financée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (2021-2024) et a précédemment reçu du financement des Fonds de Recherche du Québec - Société et Culture, la fondation de l’UQAM, la faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal. Elle est présentement membre bénévole du comité scientifique de l’Association québécoise pour la douance et du comité exécutif du Regroupement québécois de psychologie positive. Elle n’a aucun conflit d’intérêt à déclarer. Son point de vue n’est pas représentatif des organisations auxquelles elle est affiliée.